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  • Anne-Lise Scaillierez

Pour l’Afrique, le potentiel de création de valeur des drones est considérable.

Updated: Mar 29



Sa géographie s’y prête bien : des grandes distances et, si l’on met de côté les grandes métropoles, des territoires à densité modérée.


Les drones peuvent changer la donne et relever certains défis auxquels font face des pays en Afrique, par exemple :

  • L’optimisation des récoltes agricoles par analyse des cultures et des sols

  • La lutte contre le braconnage, la lutte contre la pêche illégale

  • La surveillance des fuites de pipeline et plus généralement la surveillance des infrastructures

  • La cartographie des territoires en complément de l’imagerie satellite

  • Le transport d’urgence de fournitures sanitaires ou vers des zones difficiles d’accès

  • La couverture réseau télécoms en local.


L’intérêt du drone est sa capacité à s’affranchir des contraintes géographiques et des développements d’infrastructures au sol couteuses. Cette innovation de rupture pourrait permettre de « sauter une étape », comme l’avait permis en son temps le téléphone portable comme moyen de communication à la portée du plus grand nombre, plus adapté et économique que le réseau de téléphonie fixe classique.


C’est l’opportunité de mener une politique drones spécifique à chaque pays, de privilégier les cas d’usage vraiment pertinents dans le contexte du pays et de favoriser l’essor des économies et des entreprises locales.


Le tempo de l’évolution : structurer dès à présent le cadre réglementaire


Peu de pays africains aujourd’hui ont développé une réglementation spécifique aux drones. Mais au fur et à mesure que les drones deviennent accessibles au plus grand nombre, professionnels et particuliers, la non-réglementation ou la sur-réglementation vont atteindre leurs limites, car le risque est la multiplication des vols illégaux dans des conditions inadéquates, entraînant des risques de sûreté.


L’Afrique du Sud par exemple a mis en place une règlementation spécifique aux drones très exigeante et les autorités estiment qu’il y aurait 2 à 3 fois plus de vols illégaux que de vols légaux sur leur territoire.


Il est préférable d’avoir une approche pragmatique, proactive, de manière à ce que les autorités restent en contrôle et fixent au préalable le cadre qui leur convient, y compris en termes de sécurité nationale et de sûreté aérienne, et dans lequel acteurs nationaux et étrangers, devront s’insérer.


Anne-Lise Scaillierez